Optima-young: Repenser la chimiothérapie
A propos du traitement du cancer du sein
Même après une intervention chirurgicale réussie, presque toutes les patientes se voient proposer des traitements supplémentaires, connus sous le nom de thérapie adjuvante. Cette approche augmente les chances de guérison définitive. Le traitement adjuvant peut se concentrer sur la zone opérée (par radiothérapie) ou sur l'ensemble du corps (par chimiothérapie (CT)) ou hormonothérapie)
Jusqu'à il y a une quinzaine d'années, le cancer du sein était généralement traité comme une maladie unique, la chimiothérapie étant le traitement standard pour toutes les patientes. Cependant, les progrès de la recherche ont révélé que le cancer du sein se compose de plusieurs types distincts qui se comportent différemment et nécessitent des approches thérapeutiques personnalisées. Si certaines formes de cancer du sein nécessitent clairement une chimiothérapie, d'autres peuvent ne pas en tirer de bénéfices.
La forme la plus courante de cancer du sein est le cancer hormono-sensible, dans lequel les cellules cancéreuses dépendent de l'hormone feminine appelée oestrogène pour se développer.
L’essai OPTIMA-YOUNG se concentre sur ce type particulier de cancer du sein, dit à récepteurs hormonaux (HR) positif et à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) négatif, chez les jeunes femmes. De nombreuses données confirment les avantages significatifs d'un traitement hormonal par comprimés sur une période de cinq à dix ans pour ces patientes.
Cependant, le rôle de la chimiothérapie dans ce groupe est moins certain. Pour certaines patientes atteintes de ce cancer, la chimiothérapie peut n'apporter que peu ou pas de benefice. De plus, la chimiothérapie est responsable d'une toxicité à long terme qui affecte la qualité de vie et qui est encore plus marquée chez les jeunes patientes. La désescalade de la chimiothérapie pourrait donc participer à l'amélioration de la qualité de vie de ces femmes pré-ménopausées.
À propos d'OPTIMA-YOUNG
Contexte du cancer du sein hormono-dépendant
70 à 80 % des cancers du sein (CS) sont des cancers dits du sein hormono-dépendants (c'est-à-dire avec des récepteurs hormonaux positifs (HR +) et dits à récepteurs du facteur de croissance épidermique humain HER2 négatifs (HER2-)).
Pour choisir les traitements de ce type de cancer, les médecins se basent sur des critères clinico-pathologiques et biologiques (rapidité d'évolution du cancer, taille de la tumeur et envahissement ou non des ganglions lymphatiques). Cependant, suite à des études antérieures, ces critères ne semblent pas suffisamment pertinents, puisque pour certaines patientes, il semble que la chimiothérapie n'apporte pas plus de bénéfice qu'un traitement par hormonothérapie seule. La chimiothérapie a des effets secondaires qui peuvent avoir un impact majeur sur la qualité de vie des patients pendant et même après le traitement.
Il existe aujourd'hui plusieurs tests génomiques qui fournissent des informations plus précises que les critères traditionnellement utilisés pour les cancers du sein individuels, pour aider à pour déterminer quelles patientes ont besoin d'une chimiothérapie et lesquelles pourraient ne pas en tirer de bénéfice et éviter la chimiothérapie en toute sécurité.
Quel est l'objectif de cet essai ?
L’objectif de cet essai est de montrer que la suppression de la chimiothérapie chez les patientes préménopausées atteintes de cancer du sein HR+/HER2-, guidée par un test génomique Prosigna®, n’est pas moins efficace que le traitement standard (qui correspond au traitement par chimiothérapie et hormonothérapie) pour prévenir la récidive du cancer. Les résultats de cette recherche permettront de mieux guider le traitement des patients, notamment l'administration de la chimiothérapie, et d'améliorer leur qualité de vie.
La recherche prendra en compte non seulement le taux de rechute, mais aussi la qualité de vie, les coûts médico-économiques et la perception par la patiente de certains aspects de sa participation à l'étude (comme sa motivation à participer à la recherche, l'évaluation par la participante des risques et des toxicités).
À propos des tests génomiques
Au cours des cinquante dernières années, les médecins ont pris en compte des critères simples pour
prescrire la chimiothérapie : la taille de la tumeur, sa propagation aux ganglions lymphatiques voisins
et son aspect au microscope. Toutefois, ces méthodes présentent des limites et peuvent conduire les
patients à recevoir une chimiothérapie alors qu'elle n'est pas nécessaire.
La chimiothérapie comporte des risques et peut entraîner divers effets secondaires à court et à long terme. Pour certains patients, commencer un traitement par hormonothérapie seul peut être tout aussi efficace, en évitant les retards causés par une chimiothérapie inutile.
Ces dernières années, des tests avancés ont été mis au point pour étudier les gènes présents dans les cellules cancéreuses et le degré d'activité de certains de ces gènes. Ils sont utilisés pour guider et améliorer le choix des traitements en fournissant des informations précises sur chaque cancer.
Le test que nous utilisons dans OPTIMA-YOUNG s'appelle Prosigna®. Il analyse l'activité des gènes dans les cellules cancéreuses et donne un score de 0 à 100 pour le risque de récidive du cancer.
Le test sera effectué sur un échantillon de tumeur prélevé lors d'une intervention chirurgicale dans le cadre des soins habituels, et aucun autre échantillon ne sera nécessaire.
À propos de la plateforme numérique WeShare
WeShare est une infrastructure numérique financée par le gouvernement français et parrainée par UNICANCER qui vise à développer une plateforme nationale de recherche centrée sur le patient pour les centres de lutte contre le cancer. Elle fournit des technologies et des outils numériques pour la recherche sur le cancer, en mettant l'accent sur la qualité de vie et les sciences sociales. Il vise à devenir une plateforme numérique durable desservant principalement les pays européens afin de faciliter la recherche numérique et innovantes.
L'étude OPTIMA YOUNG utilisera certains des outils numériques disponibles sur la plateforme WeShare.
Pour ce faire, les patientes devront s'inscrire sur la plateforme WeShare. Le compte WeShare est personnel au patient et lui permettra d'effectuer à distance les activités clés de l'essai, telles que la consultation des documents d'information et du matériel concernant l'étude, la consultation des notes d'information, et le remplissage des questionnaires électroniques requis pour l'étude.